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20.04.2008
Le soleil donne
Le printemps n’existe pas au Québec. L’hiver est si long que les Québécois ont du juger qu’il était inutile. En trois jours, nous sommes passés du lourd look esquimau à la légère combinaison short/t-shirt. Un peu comme si, en France, on se couchait un 15 janvier et on se réveillait le 15 juin. L’occasion était trop belle, direction le parc Laurier pour une petite partie de football (ou plutôt de soccer) entre Français. Mais quelle contraste de jouer sous un soleil déjà vigoureux, avec pour voisins encore quelques tas de neige qui tentent de résister à une fin inéluctable. Avec pour vue, aussi, le majestueux Mont-Royal, lui aussi toujours légèrement blanchi. Vingt degrés ou plus, de la neige, le paradoxe est saisissant.
Le paradoxe. C’est drôle comme lorsqu’on est étranger à une culture, on lui attribue tout un tas de contradiction. Premier exemple : l’écologie (ou le développement durable, c’est plus à la mode). Quelle joie de découvrir qu’à Montréal, chacun bénéficie d’un bac où il place tous ses déchets à recycler, qui est relevé une fois par semaine (A quand ce système en France ?). Tout le monde à l’air de jouer le jeu. En revanche, on ne paye pas l’eau ici… Ce qui entraîne, paraît-il, de longs après-midis lavage de voiture ! Les « chars », parlons-en justement… Le 4x4 est ici le véhicule le plus développé (le 4x4 s’apparente ici à un camping-car, j’exagère à peine), et les véhicules type 206 sont inexistants… Les mauvaises langues diront que c’est ce qu’il faut pour rouler à Montréal, où les nids de poules semblent être une institution.
Deuxième point, la nourriture, où plutôt la bouffe (incroyable, mais un supermarché du coin a pour slogan « Vive la bouffe »). Tous les produits alimentaires affichent leur taux de matière grasse, qui sonne comme une injure à partir d’un certain point pour les Québécois. Tous semblent faire la chasse au gras, traqué comme un ennemi mortel. Pourtant, lorsqu’on fait ses courses, impossible d’acheter une bouteille de soda de moins de deux litres, un yaourt de moins de 150 g, un pot de sauce tomate de moins d’un kilo… J’ai l’impression de faire mes courses pour une famille nombreuse !
Autre paradoxe que j’ai souligné, la langue. Ici, les expressions anglophones employées chez nous ont toutes été traduite en français. Un exemple parmi d’autre, on ne dit pas week-end mais fin de semaine. Les titres des films sont aussi traduits : Bad boys donne Mauvais garçon, ou encore, ça me fait mourir de rire, Vanilla sky s’est transformé en Un ciel couleur vanille… A l’opposé, les Québécois ponctuent leurs phrases d’expressions typiquement anglophones… On entend des anyway toutes les deux phrases. Enfin, on peut noter une organisation totalement différente au niveau des impôts et taxes. Les impôts sont ici prélevés à la source, sur le salaire, ce qui permet certainement de mieux contrôler son budget. Mais en revanche, l’effet est inverse avec le système des taxes, qui correspondent à notre TVA. Les prix sont affichés hors taxe, et lorsque l’on n’a pas l’habitude, on ne sait jamais ce qu’on va payer… D’autant plus que dans les bars et restaurants le service n’est pas compris… Un plat affiché à 10 dollars en coûtera donc plutôt 13 en réalité…
Je finirais cette note par quelque chose de totalement différent. Je ne peux m’empêcher d’avoir une petite pensée pour mon ami Cyril, qui est en Chine, et qui par conséquent n’a pas accès à ce blog…
20:30 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Bien sympa ce billet
"Pour nous dire des nouvelles
D'un qui reviendra dans un an ou deux
Puisqu'il est heureux, on s'endormira"...
Sympas aussi les albums de photos ! ;-)
Ecrit par : kris | 22.04.2008

