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30.06.2008
Libérez-nous des libéraux !
Jean Charest a du apprécier son cadeau ! Le 24 juin dernier, le jour de la fête nationale de la province, ça ne s'invente pas, le premier ministre du Québec avait 50 ans. Ce soir-là, à Montréal, comme partout ailleurs, la Belle Province était en délire, comme à chaque Saint-Jean Baptiste. Un énorme concert, dans un immense parc de la ville, et des milliers de personnes. Le groupe Loco Locass, emblème du rap québécois, arrive donc avec un cadeau pour le premier ministre libéral : une chanson écrite en 2004 qui a fait couler beaucoup d'encre : « Libérez-nous des libéraux » (http://www.youtube.com/watch?v=6YbIOrnn-5E). Au-delà de la prise de position idéologique, c'est également un moyen pour le groupe de réaffirmer son désir de souveraineté pour le Québec. Et ce n'est vraiment pas très gentil pour ce bon vieux Jean (de son vrai nom John d'ailleurs...). Un petit extrait : « On est loin de « Maître chez Nous », Maintenant comme jamais, il y a un traître chez nous. Ça s'entend quand il parle comme un derrière de boîte de céréales... » Evidemment j'ai choisi un des passages les plus softs.
Durant la chanson, les milliers de Québécois présents agitaient tous leur drapeau bleu et blanc, en scandant des paroles qu'ils semblaient pour un bon nombre connaître sur le bout des doigts... Surréaliste ! Une critique du gouvernement en place lors d'un événement aussi institutionnel, diffusé en direct à la télévision dans tout le Québec... Serait-ce possible chez nous ? Évidemment le contexte est très différent ici, la question n'a peut-être même pas lieu d'être. Mais ce qui m'impressionne par dessus tout, c'est cette soif d'indépendance d'une grande partie des Québécois francophones, qui se fait si forte lors de la fête nationale. Cette soif qui, me semble-t-il, dans l'histoire moderne de la province, ne s'est jamais exprimée par la moindre étincelle de violence. Notre président a dit un jour : « Ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi. » Je trouve que ça résume assez bien une caractéristique de la mentalité française, même si évidemment il ne faut pas généraliser. Ce qui m'a interpellé au Québec, c'est que les souverainistes sont pro-Québécois sans être anti-Canadien. La plupart aime le Canada, mais ils se sentent éminement plus Québécois avant d'être Canadien.
La veille, j'étais à Québec pour la grande fête sur les plaines d'Abraham (là même où il y a plus de 300 ans, selon mes colocs, les Français ont abandonné le Québec. Je ne suis pas un spécialiste de l'histoire Québécoise mais je trouve que c'est une version un peu simpliste ;-) ) Là aussi le défilé de drapeaux québécois était impressionnant, et l'amour de ce peuple pour sa province vraiment palpable. La ville de Québec, que j'ai pour l'occasion furtivement découverte, a l'air vraiment charmante... La fête était totale, même si j'ai eu un peu peur de ne jamais revenir des fameuses plaines. Surement pour se venger, ma coloc, et son chum (petit ami pour les non-initiés), m'ont « perdu » dès le début de la soirée sur les plaines. L'alcool aidant (ce n'est peut-être pas le bon mot !), j'ai perdu l'autre personne qui m'accompagnait quelques temps après...
Je me suis donc retrouvé seul au milieu de 100 000 personnes, incapable de retrouver le chemin de l'hôtel, au milieu de la nuit... Mais tout s'est bien terminé et j'ai pu aller me coucher après une bonne poutine !
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03.06.2008
Travailler c'est trop dur !
Mais, on le sait bien, voler c’est pas beau… Alors après deux mois à vivre sur mes économies, il a bien fallu reprendre le chemin de la vie active. Depuis une semaine, me voilà donc commis d’épicerie dans un supermarché à deux pas de chez moi. Mon travail, fort enrichissant, consiste à alimenter les rayons en papier toilette, biscuits, sodas ou autre crèmes glacées. Je m’acquitte de ces tâches dans un magnifique uniforme qui me sied à merveille, permettant aux clients de m’identifier. Et par conséquent de m’interpeller lorsqu’ils ne trouvent pas leur produit préféré. Je ne leur suis souvent d’aucune utilité, car soit je n’arrive même pas à déchiffrer ce qu’il me demande, soit je ne connais même pas le produit en question. Mais je ne suis pas non plus trop dépaysé, puisque le quartier où l’on habite est rempli de Français, et je le constate tous les jours dans les allées du magasin.
Évidemment, ça a l’air drôle comme ça, mais c’est vraiment pas facile de se remettre dans ce rythme de travail. Avant d’arriver ici, je faisais un travail que j’aimais, pour une rémunération autrement plus motivante. Surtout, je gérais ma journée plus ou moins comme je le désirais. L’essentiel était d’avoir fini son job à la fin de la journée… Là, tout est réglé comme du papier à musique. Je bosse huit heures par jour, avec une heure de pause pour manger, et deux pauses d’un quart d’heure autorisées. Et attention, il faut pointer avec sa petite carte, au moindre mouvement. J’avais déjà fait ce type de job en France, mais après avoir exercé le métier de journaliste, c’est dur de revenir à ça !
Ce n’est pas non plus la mine, c’est largement supportable, mais je ne pense pas faire ce job plus d’un mois. Tout d’abord, au niveau jours de congé, c’est scandaleux ! Cette semaine, je suis de repos mardi et jeudi. Comme disent les Québécois, « ça a juste pas de sens ! » D’ailleurs, je n’ose même pas espérer avoir un jour un week-end de congé. Ce qui est assez problématique pour maintenir un embryon de vie sociale et surtout s’offrir quelques virées pour découvrir le Québec.
Aussi, je vais travailler comme agent de foule pendant les onze jours du Festival de Jazz (26 juin au 6 juillet). Le salaire est un peu plus élevé, et ça sera sûrement un peu plus sympa comme mission. Ensuite, si ça se passe bien, je pourrais peut-être faire de même pour les Francopholies. Puis, pourquoi pas trouver un job dans mon domaine. Je vais postuler à quelques offres, lancer quelques candidatures, et on verra bien. Et si je trouve un travail sérieux, pourquoi pas rester un peu plus longtemps à Montréal. Il y a trop de choses à voir et à faire ici, et un an, c’est beaucoup trop court !
18:27 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

